Au bout de vingt ans de mis en défense, le constat de la remontée biologique dans la Réserve Naturelle de Popenguine et de ses environs est net. D’une part, le redéploiement de la couverture végétale est au-delà de toute attente au niveau des deux tiers constitués par le plateau ; d’autre part le tapis herbacé se consolide chaque année. Toutefois, un des aspects le plus important de cette reprise végétale est sans doute le fait qu’elle soit exclusivement basée sur les espèces locales ; celle qui ont été surtout utiles et utilisées dans le contexte local.
Dans le domaine de la protection de la nature ou de la conservation de la biodiversité en particulier, il n’y a pas de milieu perdu ou de ressources naturelles inutiles. Le milieu peut ne pas être propre à telle ou telle activité ou bien nous ignorons l’utilité d’une espèce par rapport à un état de connaissance ; mais on doit toujours avoir en tête que la nature forme un tout et nous ne maîtrisons pas encore tous les rôles de ces différentes espèces dans le cycle bio-géo-chimique de la vie.
Aussi, il a été identifié qu’une des causes principales de l’appauvrissement de la biodiversité est sans doute la destruction des habitats. Par effet incident, la restauration de l’habitat, c'est-à-dire la réhabilitation des conditions écologiques garantissant la survie et l’épanouissement biologique des espèces, doit être par essence la priorité des priorités dans une politique de régénération des ressources vivantes.
Fort heureusement, pour le cas de l’Espace Naturel Communautaire, les populations, directement ou indirectement, ont participé et continuent à participer activement aux objectifs de restauration du site par des actions de prévention, d’accompagnement des de la régénération des ressources vivantes et de sensibilisation.
C’est la raison pour laquelle la Réserve de Popenguine et ses environs s’illustrent pendant plus d’une décennie, par leur dynamisme en matière de conservation de la nature et de développement durable grâce au dynamisme et à l’implication de la population de l’espace naturel communautaire « Kër Cupaam », à travers le CO.PRO.NAT.
Faudrait-il rappeler qu’après la création de la Réserve Naturelle de Popenguine, une organisation féminine (Regroupement des Femmes de Popenguine pour la Protection de la Nature, RFPPN) s’est constituée pour contribuer bénévolement à la restauration et à la gestion des ressources naturelles dégradées de la Réserve. Par la suite, les femmes ont pu sensibiliser leurs consœurs des sept villages périphériques de la Réserve (auquel est récemment venu se joindre le village de la Somone). Ainsi, les huit villages se regroupent pour créer le Collectif des Groupements d’Intérêt Economique de femmes pour la Protection de la Nature (COPRONAT) en 1996. Ce dernier réunit plus de 1500 femmes évoluant tous dans l’Espace Naturel Communautaire dont la Réserve Naturelle de Popenguine constitue le noyau central.
Les populations de l’Espace Naturel Communautaire plus communément appelé : E.N.C. « Kër Cupaam ; nom du génie protecteur de la localité», ont su développer une certaine expertise dans le domaine de la gestion de l’environnement. En effet depuis la création de la Réserve Naturelle plusieurs hectares de terre ont été récupérés et reboisés à travers des chantiers expérimentaux, environ 50 ha de mangrove repiqués et des milliers de plantes de différentes espèces plantées dans la Réserve et dans les bois des villages.
La liste suivante donne une idée de la diversité des espèces existantes dans la Réserve.
Acacia adansonii Acacia ataxacantha Acacia nilotica Acacia raddiana Acacia seyal Acacia senegal Acacia sieberiana Adansonia digitata Azadirachta indica Balanites aegyptiaca Boscia angustifolia Boscia senegalensis Combretum aculeatum Combretum glutinosum Combretum micranthum Commiphora africana Cordia sinesis Dichrostachys glomerata Faidherbia albida Gossypium malvacearum Grewia bicolor Grewia mollis Guiera senegalensis Indigoféra tinctoria Lanea acida Parkinsonia aculeata Prosopis africana Sclerocarya bierra Strophanthus sarmentasus Tamarindus indica Tamarix senegalensis Ziziphus mauritiana